En 2023, l’association Pas à Pas a été créée dans le sud Seine-et-Marne pour lutter contre un problème structurel du métier d’assistante maternelle : l’isolement professionnel. Celle-ci réunit plusieurs assistantes maternelles de la région autour d’un constat simple : être seule toute la journée avec des enfants, sans collègues ni hiérarchie, pèse bien au-delà de ce qu’on l’imagine.
Autonomie et isolement : le revers de la médaille
Le métier d’assistante maternelle repose sur une autonomie importante, que les professionnelles valorisent. Elles organisent leur journée, choisissent leurs activités, gérent les contrats directement avec les parents. Cette liberté est rare sur le marché du travail et représente un atout majeur du métier.
Mais cette autonomie a un revers souvent invisible aux yeux des parents employeurs : un isolement professionnel très réel. Contrairement à une nounou en structure collective ou à un salarié classique, l’assistante maternelle passe ses journées sans adultes de référence, sans équipe, sans hiérarchie pour l’accompagner. Il n’y a personne avec qui discuter d’une situation difficile, réfléchir à un comportement d’enfant, ou simplement échanger sur les gestes du quotidien. Cette absence de collectif de travail rend l’isolement particulièrement prégnant : ce ne sont pas seulement les heures passées seule qui posent problème, c’est l’absence totale d’interlocuteurs professionnels.
Les effets concrets de cet isolement
Cet isolement a des répercussions bien tangibles sur le quotidien professionnel. Les assistantes maternelles rapportent des tensions psychologiques, une usure physique due à des conditions souvent inégales, et des relations parfois difficiles avec les parents employeurs faute de tiers pour médiatiser les conflits. Sans accompagnement ni perspective collective, certaines découvrent progressivement que la réalité du métier écarte de leurs attentes initiales.
Le manque d’accompagnement et cet isolement expliquent en grande partie les arrêts précoces du métier : des professionnelles qui quittent leur poste bien avant ce qu’elles avaient envisagé, fragilisant la continuité de la garde pour les familles et interrompant la carrière de femmes qui auraient souhaité continuer.
Pas à Pas : créer du lien dans le sud Seine-et-Marne
C’est pour répondre à cette isolation que l’association Pas à Pas a été lancée. Son objectif est direct : rassembler les assistantes maternelles du sud Seine-et-Marne pour briser cet isolement professionnel. En réunissant plusieurs assistantes maternelles de la région, l’association crée un espace où échanger sur le métier, partager les défis du quotidien et se soutenir mutuellement devient possible.
Cette initiative locale reconnaît une réalité que les cadres réglementaires seuls ne suffisent pas à résoudre : une assistante maternelle a besoin de pairs professionnels, pas seulement d’une formation initiale ou d’une inspection de conformité. En formant collectif, même informel, Pas à Pas redonne une dimension professionnelle à un métier trop souvent exercé en complète solitude.
Pour les assistantes maternelles en quête de soutien ou confrontées à l’isolement, cette association offre une première réponse concrète. Pour les parents, ce type d’initiative rappelle que le bien-être de celui ou celle qui garde leurs enfants au quotidien n’est pas un détail : c’est la stabilité de la garde qui en dépend.